es Apyãwa

 Les Apyãwa d’aujourd’hui sont le produit d’un long métissage culturel qui a opéré sur plusieurs siècles. Ainsi, la langue, la mythologie, le chamanisme, sont restés tupi, alors que la structure sociale (moitiés, classes d’âge) et le corpus rituel ont été fortement influencés par les groupes Gê. Les Apyãwa sont, par exemple, l’un des rares groupes tupi d’Amazonie possédant des masques.

Survivant à leur longue migration, les Apyãwa ont néanmoins failli disparaître au siècle dernier sous les effets cumulés des épidémies apportées par les colons et des attaques meurtrières de leurs voisins Kayapo. Grâce au soutien du SPI (Service de Protection des Indiens) qui les recueillit dans un nouveau village et surtout au dévouement des Petites Sœurs de Jésus qui s’installèrent avec eux, les Apyãwa ont pu se reconstituer, puis récupérer une partie de leurs terres d’Urubu Branco..

Malgré le poids des épreuves traversées et la diminution drastique de la population, les Apyãwa sont parvenus à maintenir le fil de la transmission culturelle et à préserver de larges pans de leurs croyances et pratiques traditionnelles. La dimension chamanique, proprement tupi, a malheureusement disparue et les apprentis chamanes doivent aller se former chez les Kamayura, groupe tupi du Haut Xingu.

Les Apyãwa, connus sous le nom de Tapirapé, apparentés au tronc linguistique Tupi-Guarani, habitent deux terres indiennes discontinues : TI Tapirapé/Karajá, homologuée en 1983 où cohabitent deux ethnies Apyãwa et Karajá localisée à la confluence du Rio Tapirapé et du Rio Araguaia, et la TI Urubu Branco, homologuée en 1998. Ces deux Terres Indiennes sont situées au nord-est du Mato Grosso.

Il y existe 7 villages sur la TI Urubu Branco : Tapi’itãwa, Akara’ytãwa, Myryxitãwa, Tapiparanytãwa, Towajaatãwa, Wiriaotãwa, Inatãotãwa.

Il y a 3 villages sur la TI Tapirapé-Karajá : Majtyri, Hawalora, Itxala.

La population est estimée à 1000 personnes réparties entre ces deux Terres Indiennes.

La Terre Indienne Urubu Branco est le territoire traditionnel des Apyãwa depuis au moins le XVII siècle.

Depuis les années 60 du siècle dernier, cette terre fut occupée par de grands propriétaires, ce qui obligea les Apyãwa à l’abandonner et à se réfugier sur la TI Tapirapé/Karajá.

Au début des années 90, une partie de la population apyãwa retourna sur la terre ancestrale, ce qui favorisa une revitalisation de la culture, notamment la célébration du cycle cérémoniel. Les relations avec le « monde du dehors », les conflits avec des ethnies voisines et des assassinats de chamanes ont eu pour conséquences une diminution drastique de la population et la perte des pratiques chamaniques apyãwa. 

La société apyãwa est divisée socialement par le système des moitiés – Wyrã – qui signifie oiseaux. On en compte deux : Araxa et Wyraxiga composées de trois sous-groupes déterminés par les phases de la vie.

Les sous-groupes de la moitié Araxã :

  • Warakorã (jeunes entre la 2ème et 5ème phases)
  • Araxã (hommes adultes entre la 5ème et 7ème phases)
  • Tarawe (hommes anciens au-dessus de la 7ème phase)

Cette moitié occupe la partie nord de la takãra (maison des hommes).

Les sous-groupes de la moitié Wyraxiga :

  • Wyraxiga (jeunes entre la 2ème et la 5ème phases)
  • Wyraxigio (hommes adultes entre la 5ème et la 7ème phases)
  • Wyraxigoo (hommes anciens au-dessus de la 7ème phase)

Cette moitié occupe le côté sud de la takãra (maison des hommes).

Les moitiés ne rentrent pas dans un système de rivalité ou de services de réciprocité. Le seul moment où l’on peut observer une sorte de compétition c’est lors des expéditions de chasse. La moitié qui a abattu le plus grand nombre de porcs sauvages exprime de la fierté, avec toutefois une certaine retenue.

 Les deux moitiés sont responsables de la restauration de la maison des hommes. 

 Au mariage, les filles intègrent la moitié de leurs maris.